Plongeons dans une scène emblématique du chef-d’œuvre de Molière, Le Bourgeois gentilhomme, où le personnage principal, M. Jourdain, est le protagoniste d’une satire délicieusement comique de la vanité et de l’aspiration sociale. Dans cet extrait, M. Jourdain est pris au piège de ses propres illusions de grandeur, alors qu’il se laisse berner par un garçon tailleur qui flatte sa vanité en lui prodiguant des titres de noblesse. Cette scène incarne parfaitement l’absurdité des désirs de M. Jourdain, ainsi que la façon dont il est exploité par ceux qui cherchent à profiter de sa naïveté.

Texte en français : Le Bourgeois gentilhomme

Dans cette présentation, nous explorerons le thème de la vanité et de l’illusion sociale à travers cette scène comique et savoureuse de Molière.

Texte : Le Bourgeois gentilhomme

(Le bourgeois gentilhomme, M. Jourdain, donne de l’argent à un garçon tailleur qui lui prodigue les titres de noblesse pour le flatter et exploiter sa naïve vanité.)
LE GARÇON TAILLEUR – Mon gentilhomme, donnez, s’il vous plaît, aux garçons quelque chose pour boire.
M. JOURDAIN – Comment m’appelez-vous?
LE GARÇON TAILLEUR – Mon gentilhomme.
M. JOURDAIN – Mon gentilhomme ! Voilà ce que c’est que de se mettre en personne de qualité. Allez-vous-en demeurer toujours habillé en bourgeois, on ne vous dira point : « Mon gentilhomme ». Tenez, voilà pour mon gentilhomme.
LE GARÇON TAILLEUR – Monseigneur, nous vous sommes bien obligés.

M. JOURDAIN – Monseigneur! Oh! oh! oh! monseigneur ! Attendez, mon ami; monseigneur mérite quelque chose, et ce n’est pas une petite parole que monseigneur ! Tenez, voilà ce que monseigneur vous donne.
LE GARÇON TAILLEUR – Monseigneur nous allons boire tous à la santé de Votre Grandeur.
M. JOURDAIN – Votre Grandeur! Oh I oh I oh! Attendez; ne vous en allez pas. A moi, Votre Grandeur ! (A part.) Ma foi, s’il va jusqu’à l’Altesse, il aura toute la bourse. (Haut.) Tenez, voilà pour ma Grandeur.
LE GARÇON TAILLEUR – Monseigneur, nous la remercions très humblement de ses libéralités.
M. JOURDAIN – Il a bien fait; je lui allais tout donner.

MOLIÈRE.


À travers cette scène hilarante du Bourgeois gentilhomme, Molière nous offre un tableau vivant de la vanité humaine et de la recherche désespérée de reconnaissance sociale. M. Jourdain, aveuglé par son désir d’appartenir à la noblesse, est la cible parfaite pour ceux qui cherchent à exploiter sa crédulité. Cette satire brillante nous rappelle l’importance de rester fidèle à soi-même et de ne pas se laisser aveugler par les apparences. Avec son humour incisif et sa critique sociale subtile, Le Bourgeois gentilhomme continue de divertir et d’interroger les spectateurs sur les travers de la société humaine, faisant de Molière un maître incontesté de la comédie française.

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