Dans ce texte, l’auteur, Gustave Droz, exprime son attachement à la saison automnale, décrivant avec nostalgie les plaisirs simples de se réfugier près du feu pendant les jours pluvieux et venteux.

Texte en français : L'automne

Texte : L’automne

Je donnerais deux étés pour un automne. J’adore les grandes flambées; j’aime à me réfugier dans le fond de la cheminée, ayant mon chien entre mes guêtres humides. On entend le vent siffler dans la grange, la grande porte craquer, le chien tirer sur sa chaîne en hurlant, et, malgré le bruit de la forêt, qui tout près de là rugit en courbant le dos, on distingue les croassements lugubres d’une bande de corbeaux qui luttent contre la tempête. La pluie bat les petites vitres; on songe à ceux qui sont dehors, en allongeant ses jambes vers le feu. On songe aux marins; au vieux docteur conduisant son petit cabriolet, dont la capote se dandine, tandis que les roues enfoncent dans l’ornière et que Cocotte hennit contre le vent. On pense aux deux gendarmes dont le tricorne ruisselle; on les voit morfondus, trempés, courbés en deux et cheminant dans le sentier des vignes, assis sur leur monture que recouvre le grand manteau bleu. On songe au chasseur attardé courant dans la bruyère, poursuivi par l’ouragan comme le criminel par le châtiment, sifflant son chien, la pauvre bête qui barbote dans les marais….
Infortuné docteur, infortunés gendarmes, infortuné chasseur!

G. DROZ


À travers ses mots, Droz nous transporte dans une atmosphère automnale empreinte de mélancolie et de contemplation. En évoquant les scènes de la vie quotidienne sous la pluie battante et le vent sifflant, il nous invite à partager son admiration pour cette saison où la nature se pare de couleurs chaudes et où l’on trouve du réconfort dans la chaleur du foyer.