Le cours sur l’énonciation est une étape essentielle dans l’étude de la communication. Il se concentre sur les processus complexes et variés qui entrent en jeu lorsque nous produisons et interprétons des énoncés. L’énonciation offre un cadre d’analyse permettant de comprendre comment les locuteurs utilisent le langage pour communiquer, exprimer leurs points de vue, raconter des histoires et influencer les autres.

l'énonciation 1 bac

L’objectif de ce cours est d’explorer les différents aspects de l’énonciation, surtout les marques linguistiques de l’énonciation, et les relations entre le langage et le contexte. Nous étudierons les différents modes d’énonciation, tels que les énoncés ancrés et coupés, les récits et les discours, ainsi que les indices énonciatifs qui permettent d’identifier la position de l’énonciateur dans un texte.

Définition de l’énonciation

L’énonciation est un concept fondamental en linguistique qui concerne l’acte de production d’un énoncé, c’est-à-dire d’une unité de langage.

Énonciation : Acte de production individuelle du discours dans des circonstances données.

Dictionnaire le Robert

En première année de baccalauréat, l’étude de l’énonciation se concentre généralement sur les points suivants :

  1. L’énonciateur : Il s’agit de la personne qui produit l’énoncé. L’énonciateur est un individu concret situé dans le temps et dans l’espace, doté d’une identité, d’une intention et d’une subjectivité propres. Il peut être présent dans l’énoncé de différentes manières, par exemple en utilisant des pronoms personnels (je, tu, il/elle) ou en exprimant des opinions personnelles.
  2. Le destinataire : C’est la personne à qui l’énoncé est adressé. Le destinataire peut être explicitement mentionné dans l’énoncé ou bien identifiable dans le contexte. La présence du destinataire peut influencer la manière dont l’énonciateur construit son message.
  3. Le contexte : Il comprend l’ensemble des circonstances et des éléments qui entourent la production de l’énoncé. Le contexte peut inclure des éléments tels que le lieu, le moment, la situation sociale, les connaissances partagées entre l’énonciateur et le destinataire, etc. Le contexte joue un rôle important dans la compréhension de l’énoncé.
  4. Les marques linguistiques de l’énonciation : Ce sont des indices linguistiques qui permettent de repérer la présence de l’énonciateur dans l’énoncé. Il peut s’agir de pronoms personnels, de verbes d’action, de modalités, d’expressions de temps et de lieu, etc.

L’étude de l’énonciation en première année de baccalauréat vise à sensibiliser les étudiants à la dimension subjective et située du langage. Elle permet de comprendre que la production d’un énoncé ne se limite pas à la transmission d’une information objective, mais qu’elle est influencée par des facteurs contextuels et personnels.

Les modes d’énonciation (énoncé ancré, énoncé coupé)

Les deux termes qui sont souvent utilisés pour décrire différents modes d’énonciation : l’énoncé ancré et l’énoncé coupé.

  1. Énoncé ancré : Il s’agit d’un mode d’énonciation où l’énonciateur inscrit son discours dans un contexte précis, en faisant référence à sa propre expérience, à des faits concrets ou à des éléments observables dans le monde réel. L’énoncé ancré est lié à la subjectivité de l’énonciateur et à sa position dans le temps et dans l’espace. Par exemple, si quelqu’un dit : « Je suis allé au cinéma hier et j’ai vu un excellent film », l’énoncé est ancré dans le passé proche (hier) et fait référence à une expérience personnelle (aller au cinéma et voir un film).
  2. Énoncé coupé : À l’opposé de l’énoncé ancré, l’énoncé coupé se caractérise par une absence de référence à une situation concrète ou à l’expérience personnelle de l’énonciateur. Il tend à être plus objectif et général, se concentrant sur des vérités générales ou des faits abstraits. Par exemple, si quelqu’un dit : « Il est courant que les gens aient peur des serpents », l’énoncé est coupé car il ne fait pas référence à une situation spécifique ou à une expérience personnelle.

Il est important de noter que les modes d’énonciation peuvent varier en fonction du contexte et de l’intention de l’énonciateur. Parfois, un énoncé peut être à la fois ancré et coupé, en combinant des éléments personnels avec des généralités. L’étude des modes d’énonciation permet de mieux comprendre comment le locuteur utilise le langage pour exprimer sa subjectivité et interagir avec son environnement.

Les indices de l’énoncé ancré

L’énoncé ancré est caractérisé par des indices linguistiques qui indiquent une référence à une situation concrète, à l’expérience personnelle de l’énonciateur ou à des faits observables. Voici quelques exemples d’indices qui peuvent signaler un énoncé ancré :

  1. Pronoms personnels : L’utilisation de pronoms personnels tels que « je », « tu », « nous », etc., qui renvoient à l’énonciateur ou au destinataire, peut indiquer une subjectivité et une ancrage dans l’expérience personnelle. Par exemple : « Je suis allé au marché ce matin et j’ai acheté des légumes frais. »
  2. Marques temporelles : L’emploi d’expressions temporelles précises ou de références à des moments spécifiques indique une ancrage temporel. Par exemple : « Hier, j’ai assisté à un concert incroyable. »
  3. Marques spatiales : Les références à des lieux spécifiques ou à des éléments géographiques indiquent un ancrage spatial. Par exemple : « Dans ma ville natale, il y a un magnifique parc où j’aime me promener. »
  4. Verbes d’action : L’utilisation de verbes d’action concrets et spécifiques qui décrivent des actions réalisées par l’énonciateur peut signaler un énoncé ancré. Par exemple : « J’ai préparé un délicieux gâteau au chocolat pour mon anniversaire. »
  5. Expressions émotionnelles : L’expression d’émotions, de sentiments ou d’opinions personnelles est également un indice d’énoncé ancré. Par exemple : « Je suis vraiment enchanté par cette nouvelle opportunité. »

Ces indices ne sont pas exhaustifs, mais ils fournissent une idée générale des éléments linguistiques qui peuvent indiquer un énoncé ancré. Dans un énoncé ancré, l’énonciateur se positionne clairement dans un contexte particulier, faisant référence à des expériences, des faits ou des éléments observables dans le monde réel.

Récit et discours comme modes d’énonciation

le récit et le discours sont deux modes d’énonciation importants dans l’étude linguistique. Voici une description de chacun de ces modes :

  1. Récit : Le récit est un mode d’énonciation coupé, et qui se concentre sur la narration d’une séquence d’événements ou d’actions. Il met l’accent sur la temporalité et la succession des actions. Dans un récit, l’énonciateur raconte généralement une histoire en utilisant des éléments tels que le début, le développement et la fin. Le récit peut inclure des descriptions, des dialogues et des explications pour présenter les personnages, le cadre spatial et temporel, les motivations des protagonistes, etc. Le récit peut être utilisé dans différents genres littéraires comme le conte, la nouvelle, le roman, etc.
  2. Discours : Le discours, quant à lui, est un mode d’énonciation ancré, et qui se concentre sur l’expression d’une idée, d’un point de vue ou d’une argumentation. Le discours est généralement plus centré sur l’aspect argumentatif et persuasif. Il vise à convaincre, informer, décrire, analyser, expliquer, etc. Le discours peut être présent dans des textes de différentes natures, tels que les essais, les articles de presse, les discours politiques, les exposés, etc. Dans le discours, l’énonciateur peut utiliser des stratégies rhétoriques, des arguments logiques, des exemples concrets, des références à des sources d’autorité, etc., pour soutenir son point de vue.

Voici un tableau qui met en évidence les différences entre un discours et un récit

RécitDiscours
Temps– Passé simple – le temps de
l’action ;
– Imparfait – pour les
descriptions, activités
répétées, la durée
indéterminée de l’action
– Présent
– Passé composé
Personnes– 3e personne (il)
– 1re personne (je) – qui
représente le narrateur et non
l’auteur
1re et 2e personne (je, tu)
Indications spatio-temporelles– Ce jour-là
– La veille
– Le lendemain
– Dix kilomètres plus loin
– Aujourd’hui
– Hier
– Demain
– Dix pas d’ici
Les indicateurs du degré de conviction et de l’opinion du locuteurLes indicateurs sont absents dans la mesure que le locuteur s’effaceLes indicateurs sont présents : le locuteur exprime sa certitude ou son incertitude et prend position quant à la vérité/fausseté de l’énoncé

Il est important de noter que le récit et le discours ne sont pas des modes d’énonciation mutuellement exclusifs, et un énoncé peut combiner les caractéristiques des deux modes. Par exemple, un récit peut également inclure des éléments discursifs lorsqu’un personnage exprime son point de vue ou lorsqu’il y a des commentaires de l’énonciateur sur les événements narrés. De même, un discours peut parfois utiliser des éléments narratifs pour illustrer des exemples ou rendre le discours plus vivant.

La distinction entre le récit et le discours permet de mieux comprendre comment les locuteurs utilisent le langage pour raconter des histoires et pour exprimer des idées ou des arguments de manière persuasive et structurée.


Nous avons exploré les différents aspects et mécanismes qui entrent en jeu dans la production et l’interprétation des énoncés. Nous avons découvert que le langage va bien au-delà de la simple transmission d’informations ; il est le reflet de notre identité, de nos intentions et de notre relation avec le monde qui nous entoure.

Nous avons examiné les concepts clés tels que les rôles des locuteurs et des destinataires, les énoncés ancrés et coupés, les récits et les discours. Nous avons appris à repérer les indices énonciatifs dans un texte et à analyser comment ils nous aident à comprendre le positionnement de l’énonciateur et les intentions communicatives.

Nous espérons que ce cours sur l’énonciation vous a fourni des connaissances précieuses et vous a encouragé à approfondir votre compréhension du langage et de la communication. Nous vous encourageons à continuer à explorer le vaste domaine de l’énonciation et à continuer votre apprentissage tout au long de votre parcours. Le langage est un outil puissant qui mérite notre attention et notre réflexion constantes.

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